







Une forêt luxuriante sans être tropicale, des arbres noueux, des rochers moussus, le filet d’une rivière. Et comme une apparition féérique autant que dérangeante, un mannequin de vitrine articulé, à la carnation opalescente et à la lourde perruque rousse. Pas encore femme, cependant : membres effilés, seins menus, courbes discrètes. Comme un adieu à l’adolescence. La femme mannequin, artificielle évidemment, semble avoir trouvé son lieu propre, son lieu de vie, oserait-on dire : l’écrin naturel d’une forêt que l’œil, du même coup, est invité à regarder plus scrupuleusement. Les mousses et l’eau tourbe en appellent à une perception haptique, les feuillages disent la sensualité printanière, mais les clairs-obscurs, très marqués, ouvrent à de troubles angoisses. Forêt de Brocéliande ? Conte de fées ou mort advenue soudain, dans le secret des bois ?
Dominique Baqué, Art Press